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Cornelia Street Café Reading, July 5, 2010


Duet / Duo

Duet

Someone next-door is playing the piano

practicing The Graduation March

the notes, sure of themselves at first

suddenly begin to stumble, forget

 

where they’re going, turn back

and start again.

I’m writing

my words, sure of themselves — at first.

2013

…………………………….

DUO

Quelqu’un à côté joue du piano

répète la Marche de Fin d’Année

les notes, sûres d’elles au début
soudain se mettent à trébucher, ne savent plus

où elles vont, font demi-tour
et recommencent.

J’essaie d’écrire :
Les mots, sûrs d’eux au début ….

 

 

2015.Traduction: Françoise Parouty

 

……………………………………


Snow again

 

early morning snow
cold, frigid, so beautiful
pure and — distant

here and not here
your street, a blank white page
empty, full of nothing

hungry for words
its open mouth waiting
for words to chew

digest.

2015 Sanford Fraser

…………………………………..

Il neige à nouveau

La neige tôt l’après-midi
Froide, glaciale, si belle
Si pure et si lointaine

Ici et pas là
La rue, une page blanche
Vide, remplie de rien

Faim de mots
La bouche ouverte, avide
De mots à dévorer

A digérer.

2015. Traduction, Françoise Parouty


Off Balance / Déséquilibré

 

Off Balance

Your legs want to curl up and
lie down.
You stumble along
a quiet Sunday afternoon.
You want to look around
think of something else —

Watch out.
Ignore the people approaching
feel the pavement through your legs and feet
one step at a time, looking for faults
like a blind man’s cane
all of you in legs and feet.

……………………………………………
Déséquilibré

Tes jambes voudraient se replier
et se coucher
Tu avances en trébuchant
ce paisible dimanche après-midi
Tu voudrais regarder autour de toi
penser à autre chose.

Attention !
Ignore les gens qui s’approchent
Tâte le trottoir de tes pieds et de tes jambes
Un pas à la fois, recherchant le piège
comme la canne d’un aveugle,
tout ton être dans tes jambes et tes pieds.

2014: Traduction, Françoise Parouty


Art Appreciation / Critique d’Art

 

After you read your poems
you take the clapping hands
and cheering voices home
to the silence of your room.
On 14th Street, an old man picks his teeth
in front of a smiling toothpaste ad
glossy breasts reach up from magazines covers
a couple, arm in arm, look and laugh
a young man murmurs, “Cool”
his orange Mohawk haircut
the color of his T-shirt.

2014
……………………….

Critique d’Art

Après avoir lu vos poèmes
vous emportez les mains qui applaudissent
et les voix qui acclament chez vous
dans le silence de votre chambre.
Sur la 14e Rue, un vieillard se récure les dents
face à la pub d’un sourire de dentifrice
des seins luisants jaillissent des couvertures de magazines
un couple, bras dessus bras dessous, les regardent et sourient
un jeune homme murmure, “Cool”
sa coupe de cheveux Iroquois orange
de la couleur de son T-shirt.

2014 Traduction: Françoise Parouty


Invisible / Invisible

You think
no one sees
no one hears you.

From the street, the click
of your footsteps walks         
through my room.

Across the airshaft
your laughter skips through
the hum of my window fan.

I can’t stop thinking of you.
…………………..
Invisible

Tu penses  que
personne ne te voit
personne ne t’entend.

De la rue, le clic-clac
de tes pas pénètre
dans ma chambre.

À travers la conduite d’air
ton rire sautille dans
le bourdon de mon ventilateur .

Je ne peux cesser de penser à toi.

2014
Traduction, Françoise Parouty


Not there / Pas là

Not there

On a street with chic dress shops,
you walk slowly, unsure of yourself
in the white blouse and black slacks
you wear like a uniform each day.

A polished woman passes you
without a glance, as though
you’re not there, as though, she’s
not there.

You want to be like her, proud
and confident in a designer dress,
walking by without a glance, as though
she’s not there, as though, you’re

not there.

2014
………………………………….

  1. Pas là

Dans une rue aux boutiques de mode « chic » ,
vous marchez lentement, pas très sûre de vous
en chemisier blanc et pantalon noir
que vous portez tous les jours comme un uniforme .

Une femme raffinée vous croise
sans un regard, comme si
vous n’étiez pas là, comme si, elle
n’était pas là.

Vous aimeriez lui ressembler, fière
et sûre d’elle en robe de couturier,
passer sans un regard, comme si
elle n’était pas là, comme si, vous

n’ étiez pas là.

2014
Traduction: Françoise Parouty


Without subtitles / En version originale

Without subtitles

I’m lost, the film meaningless
my school French not enough
to stay afloat on the stream
of strange sounds, bubbling,
popping, swirling past —

until: 
a familiar word bumps into me.
I hang onto it, waiting for more
each one a stone, a step to something
I don’t know I know.
 
2014

En version originale

Je suis perdu, le film n’a pas de sens
mon français d’école (ou scolaire) ne suffit pas
pour rester à flot sur le flux
de sons bizarres, bouillonnants,
tressautants, virevoltants —

jusqu’à ce qu’un mot familier
Me percute (ou me frappe)
Je m’accroche, en attendant plus :
chaque mot est un jalon, une marche vers autre chose.
Je ne sais pas que je sais !

2014
Traduction: Françoise Parouty


Fan / Fan

Fan   

It’s fantastic! You’re on the field
in his helmet, his shoulder pads and number 8.
Thousands of strangers are cheering.
The goal posts are rushing toward you.          

He always scores.
Team-mates hug & pat him.
No one sees, no one touches 
you.

……………………………….
Fan,

Fantastique! Tu es sur le terrain
sous son casque, ses épaulettes et le numéro 8.
Des milliers d’inconnus t’acclament.
Les poteaux de but se précipitent vers toi.

Il marque toujours.
Ses coéquipiers le serrent & le tapent.
Personne ne te voit                                                                                                   personne ne te touche.

2014. Traduction: Françoise Parouty


On your screen, / A l’ écran,

 

the flash of a bomb
bodies covered with sheets

probably clips from a film
too horrible to be true

cries, moans
so much left out

you eat and drink
to turn it off

impossible.

2014
…………………………..

A l’ écran,

le flash d’une bombe
des corps recouverts d’un drap

sans doute extraits d’un film
trop horrible pour être vrai

cris, gémissements,
tant de choses à côté

on mange et on boit
pour l’éteindre

Impossible.

Traduction:  Françoise Parouty

 


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