Most of my poems are short. The narrator or speaker is usually a character in the poem, talking to himself or to someone else.
The poems appear in English followed by a French translation. Do visit and leave a comment.
La plupart de mes poèmes sont courts. La voix qu’on y entend est d’habitude celle d’un personnage qui se parle à lui-même ou
qui s’adresse à un autre personnage. Les poèmes apparaissent en anglais suivi par une traduction française. Je vous invite à
m’y rendre visite et à y laisser un comment.
Reunion
The chestnut table almost fills
the dinning room of the Cape Cod Cottage
now a restaurant.
Laughing and smiling and sipping coctails
we face each other under the box beam ceiling
words splashing from our mouths so easily.
You are still so lovely.
And I—
I can’t remember a word, we said.
2010
Réunion d’Anciens Elèves
La table en châtaignier remplit presque
la salle à manger de la petite maison du Cape Cod
aujourd’hui restaurant.
En riant et souriant, buvant à petits coups,
face à face sous le plafond en caissons
des mots jaillissent naturellement de nos bouches.
Tu es toujours aussi belle.
Et moi—
je ne me souviens plus d’un seul de nos propos !
2010
Traduction Françoise Parouty
In the Land of Fear
Au Pays de la Peur
1
Fear is so small
it can be in a word
or thought
a nervous laugh
or loud voice.
It can be in small packages
on subway platforms
on your street
on your stoop.
La Peur est si petite
qu’elle peut se nicher dans un mot
ou une pensée
dans un rire nerveux
ou une voix trop haute.
Elle peut se trouver en petits paquets
sur les quais du métro
dans ta rue
sur ton perron.
2
Be sure
to keep your thought secret.
Hide it in your Mona Lisa smile
in your long words that go nowhere.
Drown it in Merlot.
Chew it into sound-bites
swallow it with your steak
your mashed potatoes and gravy.
Assure-toi
de garder ta pensée secrète.
Cache-la dans ton sourire de Joconde
dans tes mots trop longs qui ne vont nulle part.
Noie-la dans le Merlot.
Mâche-la en brefs commentaires
avale-la avec ton steak
la purée et la sauce.
3
Above all
be invisible as a god.
Wear a mask
a mask of words that trip
over each other and feel
nothing
words that smile
fictions
those happy endings
of blue skies and white clouds
that never end
Surtout
sois invisible comme un dieu.
Porte un masque
un masque de mots qui se bousculent
et ne sens rien
des mots qui s’amusent
de fictions
de fins heureuses
de ciels d’azur et de nuages d’ivoire
de fins qui
n’en finissent plus
4
If you must go out
put on silver hair
blue eyes & very white teeth
a tweed suit
buttoned-down collar
silk tie and loafers
alligator loafers, polished
but not too polished
clothes, so well-to-do
everyone notices you, and
no one does.
Si tu dois sortir
mets tes cheveux argentés
les yeux bleus & la dent très blanche
un costume de tweed
au col boutonné
une cravate en soie
les mocassins en alligator, cirés
mais pas trop cirés
les vêtements, si cossus
que tout le monde te remarque, et
personne ne te remarque.
5
Before you leave
ask yourself
Is the living room light still on?
Check it again.
And the stove? Are you sure it’s off?
Press each knob
firmly to the left, 5 of them.
Count each one silently
the neighbors must not hear.
Now, open and close the door
and twist your key in the lock.
Before you turn away, smile
don’t forget to smile
and sniff
sniff the air for smoke.
Avant de partir
Demande-toi
La lampe du séjour est-elle encore allumée ?
Vérifie-la de nouveau.
Et la cuisinière ? Es-tu sûr qu’elle est éteinte ?
Appuie sur chaque bouton
fermement à gauche, tous les cinq
Compte chacun en silence
les voisins ne doivent pas entendre.
Maintenant, ouvre et ferme la porte
et tourne ta clé dans la serrure.
Avant de te retourner, souris
n’oublie pas de sourire
et renifle
renifle l’air pour la fumée.
6
Better still
don’t ever grow up
be a Thunderbird boy all your life
fast, detached and strapped in
behind dark glass and blinding chrome.
Scan suburban lawns for a girl
a poolside girl oiled up just for you
ready to be turned on and off
or:
be that poolside macho girl
your mouth caught in a mannequin smile,
fast, detached, strapped in
driven somewhere else, and
nowhere.
Mieux encore
ne grandis jamais
reste un garçon Thunderbird toute ta vie
rapide, libre et attaché
derrière les vitres teintées et les chromes éblouissants.
Repère sur les pelouses suburbaines une fille
une fille, au bord d’une piscine, huilée pour toi,
prête à s’allumer et puis s’éteindre
ou alors :
sois cette fille macho
la bouche figée en un sourire de mannequin
rapide, libre et attachée
emmenée ailleurs, …nulle part.
2006; 2010
Traduction: Françoise Parouty
Gulf Coast*
On empty beaches, lounge chairs wait
in front of a calm sea.
Tar balls wash up on my front lawn.
A plume of oil flows into my living room:
oil-soaked pelicans lie across the dining room table
a giant sea turtle floats in the kitchen sink.
……………………………………………
* Inspired by the British Petroleum oil spill
on the Gulf Coast, April 20, 2010
2010
…………………………………….
Marée Noire sur la Côte du Golfe du Mexique*
Sur les plages vides, les chaises longues attendent
devant une mer calme.
Devant la maison, des boulettes de goudron s’échouent sur la pelouse.
Un panache de pétrole se glisse dans la salle de séjour:
des pélicans englués de pétrole couvrent la table de la salle à manger
une tortue de mer flotte dans l’évier de la cuisine.
* Inspiré par le déversement de pétrole du groupe pétrolier britannique BP sur la Côte du Golfe, le 20 avril 2010
Depuis la 1ère catastrophe écologique due au pétrole on emploie l’expression « Marée Noire »
2010 Traduction: Françoise Parouty
Frozen
the fridge in snow by the curb
its door off, some cubes
still in the trays
the cab inching away
your hand waving
it all back:
the fan humming
in my room
pigeons cooing
the click of steps
in the hall
your voice.
2000, 2010
Gelé (à temps)
un frigo dans la neige
au bord du trottoir
sa porte arrachée
quelques glaçons toujours
dans les plateaux
le taxi s’éloigne (away,)
peu à peu
ta main lui fait signe
de reculer:
le ventilateur ronronne
dans ma chambre
les pigeons roucoulent
le clic-clac de tes pas
dans le couloir
ta voix.
2000, 2010
Traduction. François Parouty
My wall is always here
invisible in front of me.
I feel safe behind it
protected
and of course
locked up.
You’re somewhere out there
behind your own wall.
Often, our walls stand together
talk at each other
their words bouncing
back & forth
not saying much
just having a nice time.
2005, 2010.
Published: NYQ Books, 2009
Mon mur
toujours là, invisible
et devant moi
je me sens à l’abri derrière
protégé
et bien sûr
prisonnier.
Vous êtes ailleurs
derrière votre mur.
Souvent, nos murs se tiennent côté à côté
et ils se parlent
leurs mots rebondissent
font des allées et venues.
Ne se disent pas grand-chose
s’amusent tout simplement.
2005, 2010
Traduction: Françoise Parouty
The scratching
in the dark
louder
each time
I move.
The wall presses
against my nose.
My nails
thicken with plaster
my hands
with fur.
1995; 2010
Les souris
Un grattement
dans l’obscurité
plus fort
chaque fois
que je bouge.
Le mur m’écrase
le nez.
mes ongles
s’épaississent de plâtre
mes mains se couvrent
de fourrure.
1995; 2010
Traduction: Françoise Parouty
All day
the snow falling
going nowhere:
I grow fat
my footprints
like soft words
disappear
into the white street.
Frozen inside myself
I feel nothing
my thoughts pile up
and drift away.
2006; 2010
Bonhomme de neige
Toute la journée
la neige qui tombe
ne va nulle part:
j’engraisse
mes empreintes
tels des mots doux
disparaissent
dans la blanche rue.
congelé à l’intérieur
je ne perçois rien.
mes pensées s’accumulent
et s’envolent.
2006; 2010
Traduction: Françoise Parouty
The restaurant packed, the tables-for-two
taken. You sit at one of them, as if
embedded there, immobile, bent
over your book and coffee.
Perhaps you’re a regular, unwilling
to yield your place in the crowd of busy voices.
I wait…occasionally glancing in your direction
hoping to see your chair and table empty,
a smiling waitress waving me over….
In my mind you never leave.
We never leave.
2010
……………………….
Votre place
Le restaurant bondé, “les tables pour deux”
prises. Vous êtes assis à l’une d’entre elles,
comme si vous étiez fixé là, immobile et penché
sur votre livre et votre café.
Peut-être êtes-vous un habitué, peu disposé
à céder votre place dans la foule des voix animées.
J’attends … jetant parfois un coup d’oeil dans votre direction
espérant voir votre chaise et votre table, vides
et, là, une serveuse souriante qui me fait signe…
Dans mon esprit vous ne partez jamais .
Nous ne partons jamais .
2010. Traduction: Françoise Parouty