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Ode to a Waitress / Ode A La Serveuse

What do you want ?
the waitress casually asked the air
above my head.

You
I want you
I said to myself.

A corn muffin and coffee
please.

The muffin toasted?

No, just plain
and cold.


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Ode à la Serveuse

Qu’est-ce que vous voulez ?
demande-t-elle distraitement
par-dessus ma tête.

Toi.
C’est toi que je veux
pensais-je.

Un muffin et du café
s’il vous plaît.

Le muffin grillé?
Non, simple
et froid.

……………………………….

1983. Traduction:Françoise Parouty
Publié:  Comme Ça Et Autrement, 1999
Tarabuste Editions, 2007

14th Street Chapbook / 14ème Rue Chapbook

14th Street

A stabbing on the morning news
sinks into my mind.

I slam my face shut
in the loud street
make my words
wear sneakers.

Sidewalk vendors shout hot specials
silks bright as neon
neckchains all solid gold
at wholesale prices.

Who can resist?
Even toy birds circle me
and beneath my feet
the subway yells its long, black sky.

………………………………………………………….

Blue hair, cerulean blue
with blond streaks
crossing the street.
She mumbles “I hate you”
her head butting the air
as if someone were there.

I must cross before the light changes
the sign’s flashing DONT WALK DONT WALK.

That long white limo’s inching forward.
An old geezer I bet behind the dark window

probably poking the floor with his damn cane
telling the driver DRIVE ON DRIVE ON

or maybe he’s young like this stud on the Harley
cocking his elbows in leather and brass

gunning, gunning his engine.
I’m CROSSING CROSSING.

………………………………………………………………

An old man stoops
by a shopping cart.
Everything stops
at the bag his fingers part.

Sashaying on rollerblades
a young man winks his silver dress.
The biker parked by the curb flashes
his chrome-plated wheels.

The Salvation Army marches
to the Colonial Restaurant
single file in thin red stripes
brass buttons on black
ham & eggs over light
the coffee, regular.

A body bag, zipped and stretched out
like a bulky piece of black
luggage in the middle of the block.
An old woman stands there unharmed
a man’s cane and torn coat
over her arm.

……………………………………………………………………..

Underground at Union Station
a woman in tight new shoes
studies them.

Sheets of newspaper
smeared with dirt sail
the rolling subway floor.

Line drawings of plump nudes
in bold ink spill
from my lap.

She laughs bright red
through the waves
of her dress.

…………………………………………………

Above the subway track
of scraping brakes
and soda cans snapped flat

a full voice sings
Somewhere there’s music
the washtub base thumping along

like a great heart
behind the steel ribs

and rushing din.

1983-90.
Published dans The New School Chapbook Series, 1995
……………………………………………….

14ème Rue

Un coup de poignard aux nouvelles matinales
s’enfonce dans ma tête.

Dans la rue bruyante
je m’efface.
Je mets des tennis
à mes paroles.

Les marchants ambulants vantent leur marchandises :
soieries brillantes comme des néons
colliers en or massif
à des prix de gros.

Qui pourrait résister?
Même les oiseaux en plastique tournent
autour de moi, et sous mes pieds
le métro hurle son long ciel noir.
…………………………………………………………

Des cheveux bleus, bleu ciel
avec des mèches blondes
me frôlent en passant.

Elle marmonne «Je te déteste.»
sa tête se cogne dans le vide
comme s’il y avait quelqu’un.

Il faut que je traverse avant que le feu change
le signal clignote NE PASSEZ PAS NE PASSEZ PAS.

Une longue limousine blanche avance doucement.
J’imagine un vieillard derrière la vitre teintée.

Il frappe sûrement le sol de sa maudite canne
en disant au chauffeur AVANCEZ AVANCEZ

ou peut-être est-il  jeune comme l’étalon sur sa Harley,
renflant ses épaules de cuir et de métal.

Il emballe son engin.
JE TRAVERSE. JE TRAVERSE.
……………………………………………………………

Un vieillard penché
sur un caddie.
Tout s’arrête au sac
que ses doigts ouvrent.

Ondulant sur ses patins
un jeune homme exhibe sa robe argentée.
Le motard garé au bord du trottoir
étale ses roues chromées.

L’Armée du Salut au pas
se dirige vers le restaurant Colonial
en file indienne, fines rayures rouges
boutons de cuivre sur fond noir
oeuf au jambon retournés
café crème classique.
……………………………………………..

Au milieu du pâté de maisons.
un sac d’une dépouille humaine
comme une énorme valise noir
et encombrante.

Une vieille femme se tient là indemne
une canne d’homme et un  manteau
déchiré sur le bras.

………………………………………………………

Au sous-sol du métro Union
une femme contemple
ses chaussures neuves trop étroites.

Des feuilles de papier journal
tachées de boue
le long du train.

Des nus pulpeux
à l’encre épaisse
coulent de mes genoux.

Elle rit un rouge vif
à travers les remous
de sa robe.

Au-dessus des rails de métro
des freins qui crissent
des boîtes de soda aplaties
une belle voix chante
Somewhere there’s music.

Une basse construite avec
un baquet, une corde
et un manche à balai
marque la cadence
comme un gros cœur

derrière les côtes en acier
et le vacarme croissant
de la station Union
le train assourdissant
qui rentre en gare.
……………………….
1983-90. Traduction: Françoise Parouty