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Crossing / En traversant

Crossing

I must cross the street before the light changes:
the sign’s flashing DONT WALK DONT WALK.

That long white limo’s inching forward
an old geezer I bet behind the dark window

probably poking the floor with his damn cane
telling the driver DRIVE ON DRIVE ON

or maybe he’s young like this stud on the Harley,
cocking his elbows in leather and brass

gunning, gunning his engine.
I’m crossing.  Crossing.

Written: 1985

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En traversant

il faut que je traverse avant que le feu change :
le signal clignote DONT WALK DONT WALK.

Une longue limousine blanche gagne des centimètres.
Un vieillard je suppose derrière la vitre fumée.

Il frappe sûrement le sol de sa maudite canne
en disant au chauffeur ALLEZ ALLEZ.

ou peut-être est-il  jeune comme l’étalon sur sa Harley,
renflant ses épaules de cuir et de métal.

Il emballe, emballe son engin.
JE TRAVERSE JE TRAVERSE.
………………………………

Ecrit: 1985. Tracduction: Françoise Parouty
Publié: Tarabuste Edtions, 2007

High Command / High Command fr


From posters on the stage
his eyes stare down at us.
Long tubes of light pierce the air
above our heads.
Tall men pace the aisle.
We wait in metal chairs bolted together.

The hallway fills with footsteps.
The loudspeaker crackles.
We stand and mumble the national anthem.
He enters and marches to the stage:
voices cheer, cameras flash
hands rise.

His eyes stare down at me.
He smiles; he laughs. I smile; I laugh.
His mouth opens and his words pierce the air
above my head.
I’m so happy, spit leaps from my mouth.
My hands clap till they sting.

1985
…………………………

High Command

Du haut des posters sur le podium
ses yeux nous toisent.
Des tubes lumineux percent l’air
au-dessus de nos têtes.
Des géants arpentent l’allée.
On attend sur des sièges attachés.

Le hall se remplit de pas.
Le haut-parleur crépite.
On se lève et marmonne l’hymne.
Il entre, se dirige vers la scène:
des voix acclament, des caméras flashent
des mains se lèvent.

Ses yeux nous toisent.
Il sourit; il rit. On sourit; on rit.
Il ouvre la bouche et ses mots percent l’air
au-dessus de nos têtes
Je suis si heureux que j’en bave.
J’applaudis à m’en faire mal.
………………………..

1985. Traduction Françoise Parouty

Light Transport / Transport Léger

Its balsa propeller at rest
the model hangs by thread

in the attic vault of air
above my son’s head.

I study his craft
like a cautious guest

then smile, remembering
my wish to fly:

the body ribbed taut
in cotton flesh

the wings outstretched
like arms to reach the sun.

1985
……………………………………….

Son hélice de balsa au repos
le modèle suspend à un fil

dans l’air de la voûte
au-dessus de la tête de mon fils.

J’étudie son art
comme un invité prudent

puis je souris en me rappelant
mon désir de voler:

le corps côtelé et tendu
en peau de coton

les ailes s’étendent comme des bras
pour atteindre le soleil.
……………………..

1985. Traduction: Françoise Parouty
Publié: Décharge, 2004

My wall / Mon mur

My wall

My wall is always there
invisible and in front of me.

I feel safe behind it
protected

and of course
locked up.

You’re somewhere outside
behind your own wall.

Often, our walls stand together
and talk at each other

their words bouncing
back & forth

not saying much
having a nice time.

1985

………………………………….

Mon mur

toujours là, invisible
et devant moi

je me sens à l’abri derrière
protégé

et bien sûr
prisonnier.

Vous êtes ailleurs
derrière votre mur.

Souvent, nos murs se tiennent
côte à côte,et ils se parlent

leurs mots rebondissent
font des allées et venues

ne se disent pas grand-chose
s’amusent tout simplement.
………………………..

1985. Traduction: Françoise Parouty

Number 4 / Le quartrième


Number 4

and Julia’s husband, you’ve heard?
Dead near the Bleecker café where I lost my purse
Manhattan toppling over in his eyes without warning
on the way to his car.

He’s number 4 in my building this year.
I’m sure you know him well
a quiet man
the flag sewn on his shoulder.

And Julia, what’s her last name?
I must send a note.

1985

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Le Quatrième

… et pour le mari de Julia, vous avez entendu ?
Mort près du café Bleecker là où j’ai perdu mon sac
Manhattan qui s’écroule dans son regard
sans prévenir, se dirigeant vers sa voiture.

C’est le quatrième dans mon immeuble cette année.
Je suis sûre que vous le connaissiez
un homme tranquille
un drapeau cousu sur son col.

Et Julia ? J’ai oublié son nom de famille.
Il faudra que j’envoie un mot.

……………………………….

1985. Traduction: Françoise Parouty
Publié : Archipel, 2000; Tarabuste Editions, 2007

Shopping Bag Lady / La femme au cabas

Shopping Bag Lady

Tied up inside
the bulging plastic

there’s a tree-lined street
in a faded photograph

a voice laughing
in a wrinkled letter

a purse, a ring
an old woman

on guard.

1985, 2013

La femme au cabas

Ficelés à l’intérieur
du plastique ventru:

une rue bordée d’arbres
sur une  photo jaunie

une  voix jeune qui rie
dans une lettre froissée

un sac à  main, une bague,
une  femme âgée

sur ses gardes.

1985, 2013. Traduction: Françoise Parouty