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Amtrak Limited / Dans le train

Across the aisle you sit
stiff and still
a mannequin in tweed.

A “Vogue” magazine hogs the place by your side.
Ads from today’s “Times” barricade your face
and usher you to condos on suburb hills:

the crewcut tennis court and blue-eyed pool
the flannel men and cashmere girls
in “Coppertone” skin and custom-made curls….

At Mystic Harbor the masts of vacant yachts wink
outside your window
boarding passengers pause, glance at you

then
move on.
Published: New York Quarterly, 1996

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Dans le train

Vous êtes assise en face
raide et muette
un mannequin de tweed.

Un numéro de Vogue occupe le siège à côté de vous.
Les annonces du Times bloquent votre visage
et vous emmènent dans les résidences
des beaux quartiers de banlieues:

le court de tennis coupé en brosse, la piscine aux yeux bleus
les hommes en flanelle, les filles en cachemire au teint bronzé
et à la coiffure ondulée…

au Mystic Harbor, les mâts des yachts vides
clignent de l’œil à la fenêtre.
Les voyageurs s’arrêtent, vous regardent

passer.
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1989
Publlié: Comme Ça et Autrement, 2000
Tarabuste Éditions, 2007

The House Next Door / La Maison d’à Côté

The House Next Door

The PLEASE KEEP OFF THE GRASS sign
stands firm in the front yard
a flat plot of green outlined by a picket fence
for passersby.

The house always seems fresh-painted white.
Behind its drawn drapes, children smile
in jaundiced photographs framed under glass.
A plastic cover guards the living room couch.
Star-shaped doilies shield the Morris chairs.
A child’s shoe never wrinkles the azure rug.
The grandfather clock never ticks.

In the garage, a radio plays notes
Around the walls.  A pinup girl
Smiles “Come on” to the Studebaker
stuck in grease.

………………………………………….

La Maison d’à Côté

Le panneau  «PELOUSE INTERDITE»
se dresse à l’entrée du jardin,
plat morceau de verdure
encadré par une clôture de piquets
à l’intention des passants.

La maison semble éternellement repeinte en blanc.
Derrière les tentures closes
des enfants sourient sur des photos jaunies sous cadres de verre.
Une couverture en plastique garde le divan du salon.
Des napperons étoilés protègent les fauteuils Morris.
Jamais un soulier d’enfant ne froissera la moquette d’azur.
L’horloge de grand-papa ne fait jamais tic-tac.

Dans le garage, une radio renvoie des notes aux murs.
Une «pin-up» aguichante dit «Viens !»
à la Studebaker assise dans le cambouis.

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1989. Traduction: Françoise Parouty